Le débit des chutes du Niagara est l'un des aspects les plus impressionnants de ce phénomène par l'importance du volume d'eau de 2 832 m3 qui se déverse par seconde. Sa grande largeur fait qu'on retrouve aussi bien les chutes aux Etats-Unis qu'au Canada qui enregistre un débit de 90 %. La formation des chutes du Niagara s'est faite il y a 14 000 ans à la suite du retrait des glaciers au Nord. En effet, ce phénomène a créé l'escarpement du lieu des chutes permettant ainsi de diriger les eaux du lac Erié vers le lac Ontario. Le terme Niagara provient des autochtones d'origine amérindienne et pourrait décrire aussi bien la rivière, mais aussi la puissance des chutes en elles-mêmes. Pour ceux-ci, les chutes gardent un aspect spirituel. La chute américaine qui possède une hauteur de 59 m et une largeur de 260 m est séparée de la chute canadienne ou chute du Fer à cheval (Horseshoe Falls), de 54 m de hauteur et de 670 m de large, par une petite île appelée île Goat. Les récits et descriptions du lieu selon Louis Hennepin qui visita les chutes en compagnie de de la Salle semblent plus plausibles que ceux de tous les autres qui ont tenté l'aventure avant eux.
Ces cascades au grondement sourd offrent un spectacle inoubliable aux alentours avec une succession de forêts et de petits lacs. Les eaux qui forment un rassemblement en amont annoncent déjà un phénomène des plus exceptionnels qui se termine dans un tourbillon interminable d'eau, faisant du lieu un site préservé par les deux gouvernements. Une vue aérienne des chutes et de ses environs du côté canadien dénote le caractère merveilleux de ce lieu. Le parc aménagé est un excellent prolongement de la beauté de ce paysage.
Les chutes du Niagara : les préoccupations environnementales et touristiques
Par rapport à son point d'origine situé à 11 m de là, les chutes semblent avoir reculé suite à l'érosion. Ce phénomène s'explique par la quantité d'eau drainée depuis les Grands Lacs. Bien que tout ait été mis en ?uvre pour ralentir cette situation, un recul des chutes est difficilement inévitable. Le débit de la rivière a diminué de 10 % en 5 000 ans. Celui des chutes par contre est resté stable pendant ce laps de temps. La pollution constitue malheureusement le lot de ces chutes, qui, d'après une combinaison entre un escarpement situé à 4 km de son rivage, des températures très variables, des brises venant du lac Ontario, fait d'énormes ravages. En 1885, le parc Queen Victoria fut aménagé du côté canadien. Un autre fut aussi inauguré la même année du côté américain. Dès lors des structures ont été mises en place en matière touristique des deux côtés de la frontière. Le tourisme aux abords des chutes du Niagara a connu ses heures de gloire à partir du XIXè siècle. Ainsi, on peut observer les chutes soit en téléphérique, en hélicoptère, à bord d'un canot motorisé, sous un tunnel ou encore transporté par le bateau Maid of the Mist aux pieds des chutes.
Des ponts ont été érigés au fil des années pour faciliter le déplacement entre les deux pays. Réalisés au départ à des fins touristiques, la passerelle devenue pont suspendu, puis pont en acier sert aujourd'hui de moyen de communication entre les deux rives. Ces ponts voient passer des piétons, des véhicules et des trains jusqu'à nos jours. Les parcs ont été améliorés et offrent un spectacle unique en plus de la vue de la cascade. Le développement du tourisme a vu naître toute sorte de défis lancés par des téméraires. Par exemple, le plus connu d'entre tous a longé une corde raide au-dessus de la gorge. Un autre encore a sauté dans les chutes et a survécu. D'autres volontaires au risque ont bravé les chutes dans un tonneau. D'autres encore ont tenté l'aventure sans matériel de sécurité. Une loi a été votée en 1912 interdisant de telles cascades. En plus du tourisme, les chutes font parler d'elles à travers le cinéma depuis 1953. En outre, les abords des chutes du Niagara représentent un haut lieu de rassemblement et de revendication. Des villes, des sociétés, des aéroports, une université, un astre ou encore un groupe d'artistes ont été baptisés du nom de ces chutes. Tout ceci met en exergue le véritable engouement de la population américaine et canadienne pour elles.
Avantage économique des chutes du Niagara
Les chutes du Niagara sont connues pour alimenter en électricité les deux côtés de la frontière. En effet, selon un traité qui stipule la dérivation des eaux des chutes, 75 % du débit sont partagés entre le Canada et les Etats-Unis la nuit et en hiver. Le XXè siècle fut la période pendant laquelle les chutes du Niagara sont devenues encore plus célèbres grâce à l'énergie que les Etats-Unis et le Canada peuvent en tirer. Du fait de sa grande force, les chutes sont convoitées depuis 1759 afin de produire de l'énergie. Exploitées en premier lieu par des particuliers pour alimenter une scierie et une tannerie, les chutes ont suscité l'intérêt de grandes compagnies hydroélectriques. Ainsi en 1881, des canaux ont été aménagés afin de faciliter la production d'électricité. Par la suite des turbines ont vu le jour, alimentées grâce à des canaux et des tunnels. La partie canadienne a suivi peu après l'exploitation des chutes en rendant nationale la distribution d'électricité. En plus d'alimenter les centrales hydroélectriques, les chutes contribuent à la bonne marche des entreprises de céréales et sidérurgiques. L'importance du débit de ces chutes est telle qu'elles alimentent en électricité près de 30 millions d'habitants aux Etats-Unis et au Canada. Les villes concernées sont New York, Détroit, Cleveland en plus de Toronto et Ottawa. Le 14 août 2003, ces villes ont subi de plein fouet une coupure d'électricité due à un incendie déclaré dans une centrale électrique non loin des chutes. Mis à part cet incident, les centrales hydroélectriques de Niagara alimentent toujours aujourd'hui en électricité les deux pays.
